2.1 Frontières

2.1.2 L'ingéniosité humaine

Il s’agit de l’influence de la pensée humaine sur le monde. Ce qui est mis en lumière c’est la capacité des hommes de créer, d’inventer, d’imaginer, de résoudre des problèmes et de faire preuve d’originalité dans le but de générer un impact.

Quelles sont les conséquences de la pensée et de l’action humaine ?

L’ingéniosité implique de la créativité en réponse à un besoin qui a été identifié par le créateur : on pense de façon créative pour proposer des solutions à des problèmes concrets.

On pourrait illustrer le processus ainsi :

Image 2.1.2b

Vers l’oral interactif – Activité 1

Regardez l’interview et répondez en suite aux questions de la fiche texte 2.

Vers l’oral interactif – Activité 2

Regardez la suite de l’entretien et discutez en deux groupes la philosophie de l’erreur à l’aide des questions ci-contre :

  • L’école dans la formation des jeunes encourage-t-elle l’erreur ?
  • Voir l’erreur comme une opportunité et non pas comme un échec : pourquoi ? Est-ce que cela s’apprend ? 
  • De quoi l’erreur est indicateur ?
  • Comment changer les mentalités ?
  • Abolir les notes à l’école pourrait être une solution ?

 

Production écrite

Votre école lance un projet d’innovation, vous rédigez la lettre de participation au projet en présentant votre candidature. Comment? Consultez la page 14.1.2 pour réviser les stratégies d’écriture de la lettre formelle.

Section B niveau supérieur

«  Il est plus facile de sortir du polytechnique que de sortir de l’ordinaire». Discutez cette affirmation en exprimant votre point de vue en 150 à 250 mots.

Exprimer l’importance

Utilisez les expressions :
  • un événement important, de première importance, majeur/ essentiel/capital
  • un fait d’une portée (d’un poids, d’une dimension) considérable/ remarquable
  • un fait qui fait date, qui va faire grand bruit, qui a fait couler beaucoup d’encre,
  • il convient de souligner l’importance
  • il faut mettre l’accent sur
  • il importe de prendre en compte ces faits
  • ces événements méritent d’être pris en considération

2.1.2a

Image 2.1.2a – Le progrès humain

Textes et fiches à télécharger

Texte 1
Fiche texte 1 Word | PDF
Fiche texte 2 Word | PDF

2.1.2c

Image 2.1.2c – L’avancement technologique source.objetconnecte.fr

Lexique thématique

  • créativité
  • innovation
  • innovant
  • impact
  • contexte
  • paradigme
  • progrès
  • avancement
  • rupture
  • expérimentation
  • expérimenter
  • solution

2.1.2d

Image 2.1.2d – Des solutions innovantes source: atelier.net

Profil de l’apprenant

Audace : L’apprenant prend des risques, ne craint pas l’erreur et est conscient que tout apprentissage, toute innovation passe par des échecs qui deviennent des opportunités pour s’améliorer.

2.1.2e

Image 2.1.2e

Théorie de la connaissance

L’expérience est un mode de la connaissance. L’ingénie est celui de mettre en œuvre une idée, l’expérimenter, la développer afin de trouver une solution. Quels autres modes de la connaissance sont impliqués ?

2.1.2f

Image 2.1.2f – L’expérience

Texte 1 – L’ingéniosité humaine

Le génie humain une réponse à tous les défis ?
2016

Avons-nous, dans différents domaines, atteint des limites ? Selon les plus pessimistes, les activités humaines entraîneraient de tels dérèglements environnementaux et climatiques que la survie de l’espèce serait cette fois en jeu.
D’autres misent résolument sur le génie humain pour, une fois encore, repousser les frontières du possible.

Il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter. Le réchauffement climatique en cours, qui promet catastrophes naturelles à répétition et acidification des océans ? L’érosion de la biodiversité à un rythme inédit qui menace notamment les capacités de production alimentaires mondiales ? « Nous nous en sommes sortis jusqu’à présent, pourquoi pas à l’avenir ? », rétorquent les sceptiques.
La querelle ne serait pas inédite. « Dans toutes les civilisations, on a prédit des catastrophes, rappelle le père Thierry Magnin, docteur en sciences physiques, théologien et recteur de l’Université catholique de Lyon. Et il y a toujours eu des gens pour répondre “le pire n’est jamais sûr”. »

Mais les dangers ne seraient-ils pas plus grands aujourd’hui ? « C’est une évidence, assure le philosophe Dominique Bourg. L’ampleur et la diversité des enjeux environnementaux auxquels nous devons faire face sont totalement inédites. » Avec en premier lieu le réchauffement climatique en cours. « Le petit âge glaciaire qui a débuté au XIVe  siècle a fait des millions de victimes en Europe, alors même que la baisse de la température globale a été inférieure à 1 degré, rappelle-t-il. Cette fois, nous parlons d’un réchauffement global qui va à coup sûr dépasser les 3 degrés. »

Une inquiétude pour la planète dès l’époque des Lumières

Reste que notre époque n’est pas la première à s’interroger sur sa propre capacité de survie. « Cette inquiétude pour la planète et ses ressources est présente dès l’époque des Lumières, précise la géographe Yvette Veyret, spécialiste du développement durable. Pour ma part, je reste circonspecte face à la notion de crise environnementale globale et uniforme. Certains points s’améliorent, d’autres s’aggravent. Un exemple : si les pays du Sud déforestent, la forêt européenne n’a jamais été aussi étendue. »

« La question est extrêmement difficile à trancher, ajoute l’historienne de l’environnement Valérie Chansigaud. Chaque époque pense vivre des choses inédites. On peut juste affirmer sans risque que la quantité de personnes concernées est aujourd’hui plus élevée qu’hier. »

Reste que le dérèglement des écosystèmes et du climat inquiète désormais bien au-delà des écologistes les plus radicaux. « On ne peut pas occulter ces menaces », assure Thierry Magnin. S’ouvre alors un deuxième débat, tout aussi passionnel que le premier, sur la capacité de l’innovation technique à trouver des solutions. « Toute l’histoire de la technologie montre que nous avons su résoudre les problèmes qui se présentaient à nous en contribuant à améliorer le bien-être de l’humanité, plaide le président de l’Académie des technologies, Gérard Roucairol. Pourquoi voulez-vous que cela s’arrête ? Pourquoi nos enfants seraient-ils moins ingénieux que nous ? »

La face cachée du progrès

Pour l’ancien directeur de Bull, les ingénieurs sont justement là pour « repousser les frontières ». « Nous avons mis au point des ordinateurs capables de réaliser un million de milliards d’opérations arithmétiques à la seconde et je suis sûr que la limite sera un jour dépassée », rappelle-t-il.

Pour l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz, le constat mérite d’être nuancé. « À la fin du XIXe  siècle, l’augmentation de la population a suscité beaucoup de crainte sur les limites de la production agricole, souligne-t-il. Le procédé Haber-Bosh va alors permettre de synthétiser les nitrates et de fabriquer des engrais. Un vrai miracle technologique… mais qui a son revers : l’agriculture devient consommatrice de pétrole et se retrouve fragilisée par sa dépendance à une énergie non renouvelable. »

Cet exemple illustre à quel point chaque progrès peut receler une face cachée qui – à mesure que croissent les défis environnementaux – apparaît de plus en plus. « C’est peut-être cela la nouveauté de notre époque, relève la géographe Yvette Veyret. Si nous avons toujours besoin du progrès technique, il doit être mis sous surveillance pour éviter ses effets.

Repenser nos modes de vie et de consommation

Par ailleurs, l’innovation technologique se suffit rarement à elle-même. Les démographes soulignent que le grand bond en avant de l’espérance de vie en Europe à partir de 1880 s’explique par les effets combinés des découvertes de Pasteur et de leur diffusion au plus grand nombre, grâce aux innovations sociales et culturelles qu’ont été l’instruction obligatoire et la création de systèmes de sécurité sociale. Et c’est d’innovations sur tous les fronts qu’aura aussi besoin le monde de demain. « Pourquoi résume-t-on toujours le génie humain au génie mécanique ou chimique ? »déplore ainsi le philosophe Jean-Marc Drouin. Bien alterner les cultures ou faire de la lutte biologique contre les nuisibles demande autant d’intelligence que de larguer des pesticides. »

Sur le chapitre de l’énergie, la baisse des consommations paraît de plus en plus inéluctable.

« Miser sur une nouvelle source d’énergie miraculeuse, qui résoudrait d’un coup tous nos problèmes, est illusoire, affirme Jean-Baptiste Fressoz. Dès lors, il faut repenser nos modes de vie et de consommation, ce qui laisse le champ libre aux innovations politiques et sociales. »

L’accroissement des inégalités sociales

« L’enjeu environnemental, crucial, doit être pensé à l’aune de la complexité du monde interconnecté d’aujourd’hui, poursuit Thierry Magnin. Ce n’est pas de technologie dont nous avons besoin, mais d’une régulation internationale au sein d’institutions complètement renouvelées. » Le sursaut démocratique s’avère d’autant plus indispensable que, comme le souligne Yvette Veyret, « la question principale qui se pose à l’humanité, c’est l’accroissement des inégalités sociales entre riches et pauvres ».

Ce questionnement social rejoint les enjeux environnementaux. Personne ne croit vraiment à la disparition pure et simple de l’humanité tout entière. « Si vous prenez le réchauffement climatique, les pays riches auront toujours les moyens de s’adapter, relève Valérie Chansigaud. Pas les plus pauvres, qui sont pourtant les plus impactés. » La question n’est donc pas : « Va-t-on s’en sortir ? » mais plutôt : « Qui ? »…

Emmanuelle Réju http://www.la-croix.com/France/Le-genie-humain-une-reponse-a-tous-les-defis-2014-03-26-1126257