2.3 Les relations internationales

2.3.1 Les droits de l'homme

Les droits de l’homme ou droit de la personne ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 suite aux aberrations de la seconde guerre mondiale. La Déclaration Universelle est document fondateur qui s’inspire à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 pendant la Révolution française. Selon la doctrine qui les a inspirés, out être humain – en tant que tel et indépendamment de sa condition sociale – a des droits « inhérents à sa personne, inaliénables et sacrés », et donc opposables en toutes circonstances à la société et au pouvoir. L’article premier affirme le principe que «  tous les hommes sont égaux et libres en droit ».

Voici les droits fondamentaux :

  • le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne
  • la liberté d’association, d’expression, de réunion et de déplacement
  • le droit au meilleur état de santé susceptible d’être atteint
  • le droit à ne pas faire l’objet d’arrestation ou de détention arbitraire
  • le droit à un procès équitable
  • le droit à des conditions de travail justes et favorables
  • le droit à des conditions adéquates de nourriture, de logement et de sécurité sociale
  • le droit à l’éducation
  • le droit à une protection égale de la loi
  • le droit à ne pas faire l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance
  • le droit à ne pas être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
  • le droit à ne pas être soumis à l’esclavage
  • le droit à une nationalité
  • la liberté de pensée, de conscience et de religion

Ce concept à la fois juridique et philosophique par extension concerne aussi les droits des enfants, les droits des femmes, les droits des détenus...

Image 2.3.1d – source : le petitquotidien.fr

Pour réfléchir…

À l’aube du nouveau millénaire, les questions sur les droits de l’homme concerne la croisée entre le développement et les droits. Quel rôle jouent la pauvreté et les inégalités économiques en matière des droits de l’homme ?

Pour en savoir plus, lisez le texte 1 en accordéon.

Texte 1 – La plus flagrante violation des droits de l’homme

La plus flagrante violation des droits de l’homme
par Joseph Wrisinski, 2003

La misère est la violation la plus flagrante et la plus totale des droits humains, car elle atteint l'homme non pas dans un droit particulier mais dans la totalité de ses droits. Pour celui qui demeure analphabète, privé d'instruction mais aussi d'information, de moyens de communication et d'organisation communautaire et collective, la liberté politique dans le monde moderne demeure lettre morte.

Tout comme la liberté politique demeure lettre morte pour l'homme affamé ou accablé de misère générale et qui est réduit totalement à la dépendance de l'assistance d'autrui. Comme le dit si bien la sagesse africaine : « L'homme pauvre ne peut avoir que l'opinion du maître dont la main le nourrit ». Nul besoin d'insister comment, en Europe occidentale, les chômeurs chroniques, les bénéficiaires d'une assistance publique de longue durée ne peuvent avoir aucun poids politique : peu importe alors la liberté qui leur est théoriquement reconnue.

Quelles leçons tirer de cette réalité en termes de propositions ?

Quant à l'action à entreprendre, ma première proposition concerne la réaffirmation de la source même des droits de l'homme. Il ne peut exister un droit de l'homme qui fonderait les autres. C'est la nature même de l'homme qui fonde l'ensemble de ses droits, et ses droits sont interdépendants, indissolublement liés les uns aux autres, et tous de valeur égale. L'existence de la misère nous le rappelle, et nous rappelle aussi que depuis 1948, nous ne sommes pas allés jusqu'au bout de notre analyse. N'est-ce pas cette absence d'une analyse globale et fondamentale qui nous a fait considérer le manque de liberté politique, la torture, les disparitions involontaires et même l'apartheid comme des problèmes en soi, que l'on pourrait résoudre en tant que tels, indépendamment des actions à mener en faveur des autres droits de la Déclaration universelle de 1948 ? Faute d'analyse plus fine, nous n'avons pas compris que nous avions là affaire à des manifestations d'un mal beaucoup plus profond, un mal qui consiste à nier la nature même de l'être humain dans sa globalité : quand un droit est bafoué, ce sont tous les droits qui sont bafoués.

C'est ce mal fondamental que révèle la misère. La misère n'est pas seulement la négation de tel ou tel droit, mais la négation de la nature de l'homme qui fonde l'ensemble de ses droits sociaux, économiques, culturels, spirituels et bien sûr aussi politiques. Ma première proposition est donc que nous réaffirmions ceci clairement face à l'opinion mondiale.

Ma seconde proposition sera évidemment que nous veillions désormais à ce que l'essentiel de notre action pour le respect des droits de l'homme porte en priorité sur le combat contre la misère, sans abandonner les combats et luttes pour garantir l’un ou l'autre droit en particulier. [...]

En conclusion, dans cette nécessaire approche globale des droits de l’homme que nous rappelle la misère, nous devons avoir l'humilité de reconnaître qu’en matière de droits de l’homme et en matière de démocratie, il n'y a pas de maîtres : nous sommes tous des apprentis qui ont encore beaucoup à apprendre et à réaliser. Il n'y a pas de juges, car nous avons tous à notre déficit, à notre compte, d'énormes lacunes. L'approche globale des droits de l’homme par le creux de la misère nous place tous au même rang. En plus, cette approche globale pourrait mettre en sourdine bien des accusations mutuelles. Elle pourrait démultiplier les occasions d'un consensus international et former une nouvelle base de consolidation de la paix.

Joseph Wresinski (mai 1985) « Lutter contre la misère c'est lutter contre la plus flagrante des violations des droits de l'homme » (Avant-propos au rapport moral 1984 d'ATD Quart Monde).

Existe-t-il une hiérarchie dans les droits de l’homme ?

Sont- ils réellement opposables ?

Peuvent-ils se concrétiser dans des conditions de misère ?

Où en sommes-nous quant au rôle des femmes dans les sociétés humaines ?

Activité 1

 Regardez la vidéo ci-contre et discutez cette question.

«  Ces droits des enfants trouvent-ils application dans les pays développés ? »

screenshot

Vers l’oral Interactif

Les droits des femmes sont bafoués dans beaucoup de pays du monde, regardez les premiers 4 minutes de cette vidéo d’EURONEWS et complétez la fiche texte 2.

Vers l’oral Individuel

Choisissez l’un des ces stimuli visuels et préparez un exposé d’au moins 4 minutes.

Production écrite

Rédigez le texte du discours que vous allez prononcer dans le cadre du MUN pour discuter la violation des droits particuliers (des femmes, des enfants...) dans le pays qui vous a été attribué.

Comment? Consultez la page 14.1.10 pour réviser les stratégies d’écriture du discours.

Section B niveau supérieur

« Les droits de l’homme seraient-ils utopiques ?». Discutez cette affirmation en exprimant votre point de vue en 150 à 250 mots.

2.3.1a

Image 2.3.1a

Textes et fiches à télécharger

Texte 1
Texte 3
Fiche texte 1 Word | PDF
Fiche texte 2 Word | PDF
Fiche texte 3 Word | PDF

2.3.1b

Image 2.3.1b – L’héritage historique de la Révolution française

Lexique thématique

  • droit
  • organisation
  • bafouer
  • inaliénable
  •  sacré
  • fondamental
  • appliquer
  • opposer un droit
  • juridiction
  • universel
  • particulier
  • dignité

2.3.1c

Image 2.3.1c – Les violations des droits de l’homme dans le monde

Profil de l’apprenant

Equilibré et informé : L’apprenant reconnaît l’interdépendance avec les autres et dans le monde où nous vivons, il s’intéresse à des questions à l’échelle locale et globale.

2.3.1e

Image 2.3.1e – Liberté guidant le peuple

Théorie de la connaissance

Les droits de l’homme sont-ils liés à la culture ?

2.3.1f

Image 2.3.1f – Les droits de l’homme sont universels, mais sont-ils universellement opposables ?

Concept

Droits de l’homme
Liberté à laquelle toutes les hommes ont droit en tant que êtres humains sur un pied d’égalité.

Droits universels
Droits qui existent et qui s’appliquent quel que soit le droit en vigueur dans l'Etat ou groupe d'Etats où il se trouve, quelles que soient les coutumes au niveau local, liées à l'ethnie, à la nationalité ou à la religion.

2.3.1g

Image 2.3.1g – Caricature Ghir Hak, Les Débats | 2014

Texte 3 – Le rôle des Nations Unies pour faire respecter les droits de l’homme

Le rôle des Nations Unies pour faire respecter les droits de l’homme
par Susan Markisz, 2016

Les normes fixées par les conventions et les pactes internationaux ont été renforcées par des déclarations et des plans d’action adoptés à l’issue d’une série de conférences mondiales organisées par l’ONU. Ces conférences sont devenues d’importants forums où se décident les politiques nationales et internationales sur des questions mondiales comme l’environnement, les droits de l’homme et le développement économique. Elles attirent l’attention de la planète sur ces questions et les font figurer en bonne place parmi les préoccupations mondiales.

Dans le domaine des droits de l’enfant, les activités de l’UNICEF s’inspirent du Sommet mondial pour les enfants (1990), de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous (1990), de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme (1993), du Sommet mondial sur le développement social (1995), de la Quatrième conférence mondiale des femmes (1995), du Sommet du Millénaire (2000), et du Sommet mondial et de la Session extraordinaire consacrée aux enfants (2005). La Conférence mondiale sur les droits de l’homme de 1993, notamment, a reconnu les droits de l’enfant comme un domaine d’action prioritaire au sein du système des Nations Unies. Pendant la Session extraordinaire consacrée aux enfants de 2005, les États membres se sont engagés à améliorer la situation des enfants.

Autres mécanismes de protection des droits de l’homme
L’ONU soutient le respect de la législation et la protection des droits de l’homme de beaucoup d’autres façons, entre autres :

-surveillance de la situation des droits de l’homme dans les pays : les organes de suivi des traités reçoivent une assistance technique, logistique et financière des Nations Unies. L’ONU s’est également dotée d’un Haut Commissariat aux droits de l’homme, dont le mandat est de promouvoir et de protéger l’application et le plein exercice des droits individuels de tous.

-« Procédures spéciales » pour faire face à des situations spécifiques dans un pays ou à des problèmes plus généraux : les Nations Unies peuvent aussi nommer des experts (parfois appelés rapporteurs spéciaux, représentants ou experts indépendants), pour remédier à un problème spécifique en matière de droits de l’homme, ou qui se pose dans un pays particulier. Ces experts peuvent effectuer des études, partir en mission dans les pays, interviewer les victimes, lancer des appels spéciaux et soumettre des rapports et des recommandations.

Parmi ces procédures, plusieurs sont spécifiques aux enfants et un grand nombre d’autres, de nature plus générale, font de plus en plus référence aux droits de l’enfant. Les procédures spécifiques aux enfants comprennent la nomination d’un Rapporteur spécial sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants; et d’un Représentant spécial du Secrétaire général sur l’impact des conflits armés sur les enfants.

Un grand nombre de procédures plus générales tendent à incorporer des références aux droits de l’enfant dans le contexte de leur mandat particulier. On peut citer par exemple la création de Rapporteurs spéciaux sur le droit à l’éducation; la torture; les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires; la violence contre les femmes; la liberté de culte ou de religion; et sur les formes contemporaines du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui lui est liée. Un Expert indépendant sur les droits de l’homme et la pauvreté extrême a aussi été nommé.

Les Rapporteurs spéciaux chargés de pays spécifiques—qui surveillent le respect des droits de l’homme dans certains pays et régions et sont habilités à recevoir des plaintes individuelles—et le Représentant du Secrétaire général chargé des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, ont aussi signalé séparément les violations des droits de l’enfant. D’autres mécanismes pertinents comprennent les Groupes de travail sur les disparitions forcées ou involontaires et sur la détention arbitraire.

http://www.unicef.org/french/crc/index_30198.html